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 Music Hall, de Jean-Luc Lagarce
    à Paris du 27 janvier au 14 mars 2009 du mardi au samedi.


L'auteur :
Jean-Luc Lagarce (1957 - 1995)


Quand Jean-Luc Lagarce est mort (du sida) le 30 septembre 1995, c’était un metteur en scène connu mais un auteur encore méconnu. Certes, plusieurs de ses pièces avaient été jouées avec succès mais d’autres étaient restées dans le tiroir ou incomprises. Sa notoriété n’a cessé de croître depuis sa disparition et aujourd’hui Jean-Luc Lagarce est considéré comme un auteur classique contemporain, à l’instar d’un Bernard-Marie Koltès (mort du sida peu avant Lagarce) dont la notoriété a été plus précoce grâce à l’aura de Patrice Chéreau, qui montait ses pièces. Lagarce, lui, montait les siennes.

Si Lagarce n’a pas été reconnu de son vivant comme un auteur important, c’est peut-être parce que le langage théâtral de ses pièces était trop en décalage, trop novateur.

Aujourd’hui, c’est l’un des auteurs coqueluches des cours d’art dramatique, un auteur chéri des troupes amateurs et de plus en plus prisé par les meilleurs metteurs en scène, toutes générations confondues. Il est traduit dans une quinzaine de langues. Les colloques, les études universitaires et les publications se multiplient. En 2008, l’une de ses pièces sera créée salle Richelieu, la grande scène de la Comédie-Française.

Lors d’une interview François Berreur raconte : « Ce qui me fascine dans son œuvre, c'est qu'elle touche des endroits de l'indicible. Ce qui rend le public captif, c'est qu'il parle de choses qu'on ne peut pas écrire. Il y a chez lui un mystère de l'écriture théâtrale, dont il n'était pas tout à fait conscient. Les sens s'ouvrent au moment du jeu, dans une grande énergie de la parole. »

Lagarce a une maîtrise de philosophie, et l'œuvre qu'il a produite est immense, alors qu'il a si peu vécu : dix-neuf pièces, trois récits, dix-neuf cahiers de journal intime, deux films vidéo… dont se dégage une grande pensée : une vision théorique du théâtre et du monde.

L'oeuvre

C’est l’histoire de trois artistes qui vont de ville en ville pour jouer leur spectacle et gagner leur vie autant qu’il leur est possible malgré les conditions misérables qu’ils rencontrent dans chaque lieu qui les accueille. Au fil de leur récital de Boléro et de Tango, ils témoignent de leur vie, de la précarité des tournées et de certains épisodes intimes de leur existence.

« Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes (…) la Fille jouera sa petite histoire, prendra des mines, habile à prendre des mines, fredonnera chansonnette et esquissera pas de danse. Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes, elle racontera la journée terrible qui s’achève, la journée pénible qui s’achève, récit des diverses humiliations et aléas divers. »
Jean-Luc Lagarce

« Une nuit, à la sortie de la gare de Besançon (Doubs), j'ai vu sous la neige, portant ses valises et renonçant aux taxis, s'éloigner le chanteur Ringo Willy Cat, celui-là qui épousa la chanteuse Sheila, qui fut une grande vedette, comme nous disions, qui chanta avec lorsqu'ils se marièrent, "Laisse les gondoles à Venise..." - mon frère et moi, nous reprenions le refrain en choeur - et qui venait pour deux soirs, un vendredi et un samedi, chanter ses anciens succès dans une boîte à streap-tease de cette froide ville de l'Est.

Une autre fois, et la tempête dehors faisait rage, un bonimenteur, que nous ne connaissions pas, vint dire que nous allions être drôles et nous, derrière le rideau, nous nous sommes mis à trembler de peur.
Le plafond était si bas - je ne m'en souviens plus - le plafond était si bas que l'actrice décida de ne pas mettre ses souliers à hauts talons de peur de toucher les projecteurs avec son chignon alambiqué.
Derrière un rideau, une fois, et cela parlait d'acteurs encore, une chanteuse fondit en larmes aussitôt le rideau baissé et toute la salle l'entendit et éclata de rire.»

Jean-Luc Lagarce
octobre 1989


Les intentions de mise en scéne

Music-hall est la première pièce de Jean Luc Lagarce que j’ai lue il y a 11 ans. A sa lecture, j’ai su immédiatement que l'auteur avait vécu toutes ces situations …
J'ai d'abord éprouvé un sentiment de reconnaissance et de gratitude … quelqu’un avait su décrire enfin ce dont on n’ose jamais parler parce que la pudeur nous en empêche et l’aveux de l’humiliation n’est jamais chose facile. Dès cet instant j’ai souhaité monter cette pièce … il m’a fallu 11 ans avant de trouver l’élan.

Ce qui motive mon intérêt pour ce texte c’est de pouvoir mettre en scène ce mystère qui est celui des artistes de la scène, prêts à tous les compromis et tous les sacrifices pour être ne serait- ce que quelques instants sur scène dans la lumière sous le regard d’autrui… le public. Le public qui les rend à la vie…pas la vie quotidienne, celle de tous les jours, la vie ordinaire, celle de tout le monde, mais la vie que l’on invente tous les soirs quand le rideau se lève, celle qui nous rend meilleur ou pire que ce que nous sommes, celle qui nous rend enfin à notre humanité parce qu’elle raconte l’homme dans son intimité, dans sa petitesse et dans sa grandeur.
Les personnages de « Music-hall » sont pathétiques mais ils portent une parole, celle d’une foi dans le théâtre et d’un amour indéfectible pour lui.

S’ils sont drôles c’est parce qu’on ri nerveusement, fébrilement, face à la tragédie qui est la leur et qu’ils nous offrent sans pudeur. On ri parce que la pudeur cette fois-ci ne cache plus rien et se ri d’elle même, de cette humanité qui pour exister doit renoncer à ses rêves de reconnaissance, aux applaudissements, à la lumière, à la beauté, à l’harmonie.
La réalité des personnages de « Music-hall » est toute autre et c’est dans l’obscurité des lieux désastreux et minables, et bien souvent pour jouer « à la recette » ou « au chapeau » que ces artistes prennent la route. Chaque jour offre son lot de solitude et de désolation mais ils continuent à vouloir jouer, chanter et danser parce que « ça » ils savent le faire de façon extraordinaire et que « ça » leur permet d’oublier tout le reste.

(…) « Le silence enfin venu, je commençais, je commençais vraiment, et tout le reste, tout ça, manière de dire, je l’oubliais, et je commençais, commençais vraiment. »

Ce sont des artistes talentueux mais il faut un sol pour prendre son envol et des racines pour pouvoir les décoller et ce sont deux choses qu’ils n’ont pas ou qu’ils n’ont plus.
Le spectacle est beau, c’est le monde qui est pathétique et tragique.

La réalisation de cette mise en scène a un autre intérêt pour moi : c'est le challenge de mettre en scène le contraste entre un beau spectacle musical et la mise en scène et en espace d'un lieu misérable, contraste qui, à mes yeux, est l’essentiel du tragique de cette histoire.

Pour cela, je choisis de créer avec les artistes un spectacle musical de Tango et de Bolero qui par sa qualité viendra renforcer la nature même du drame : le spectacle est beau et le dysfonctionnement auquel assiste le public est celui de notre monde et non celui des artistes.
C’est celui de salles obscures qui n’ont pas les moyens bien souvent de répondre aux besoins techniques d’une production théâtrale. Ces lieux sans équipements, sans personnels et pour finir sans public.

(…) « Et jouons quand même – j’en pleurerais, n’ai pas l’air comme ça mais en pleurerais et en pleure parfois, mais discrètement, avec lenteur et désinvolture, et pas plus tard qu’il y a cinq minutes, sans qu’on me voie, pleure sous maquillage et déguisement, et sans reniflements intempestifs, suis habile – et triche jusqu’aux limites de la tricherie (…) l’œil fixé sur ce trou noir où je sais qu’il n’y a personne. »


Pourquoi le tango et le boléro

C’est vers 1880 que l’on s’accorde à situer la naissance du tango. On discute encore beaucoup afin de savoir ce qu’il est véritablement mais ce qui est certain c’est que le tango est le produit de la culture du peuple très mélangé des taudis des villes portuaires de Buenos Aires, Rosario et Montevideo. C’est ensuite à Buenos Aires qu’il s’est particulièrement développé. On peut imaginer gueux locaux et émigrés, réunis par leur misère se réchauffant mutuellement autour d’un feu ou d’un poêle et se chantant les uns les autres des airs de leur pays d’origine.

Si des paroles de circonstances ont accompagné les premiers airs de tango, essentiellement considéré comme musique de danse à ses débuts, ce n’est qu’au début du XX eme siècle que des poètes commencent à écrire de vraies paroles dans cette langue argotique argentine qu’est le lunfardo. Les premières chansons évoquent des histoires de sexe, de règlement de compte, descriptions des meilleures méthodes pour berner les filles…
A partir de 1917 il évolue vers de nouvelles manières en exprimant, avec nettement plus délicatesse, des sentiments mélancoliques, faits de rage contenue et de tristesse exacerbée ou encore de considérations métaphysiques. C’est en ce point que je souhaite faire le lien avec les personnages de « Music-hall ». S’ils ont quelque chose à voir avec cette situation du déracinement permanent, ils portent aussi une parole proche des thèmes que l’on retrouve dans les histoires de tango … car dans le Tango il s’agit bien de véritables histoires qui racontent la vie des hommes avec ses accents dramatiques et passionnés, avec ses thèmes récurrents qui sont l’amour et ses déchirements et les témoignages de la misère humaine.

Cette partie de création musicale, chantée et dansée me permet de faire exprimer autrement aux personnages ce qui se dit déjà dans le texte de Jean Luc Lagarce, en donnant à cette expression un corps et une esthétique artistique qui sera comme la continuité du texte. En effet je souhaite qu’il y ait le moins possible de séparation entre les deux… éviter à tout prix qu’il y ait d’un côté un cabaret avec une succession de chansons et de danses et de l’autre l’histoire et le texte … je souhaite au contraire qu’ils ne forment qu’un seul et même élan, celui chargé, porté par ces trois existences, ces trois présences qui viennent dire leur vie, celle des artistes. Le travail, les mensonges, les tricheries et les soucis ne sont alors plus des souvenirs de la vie quotidienne, ils appartiennent à une danse car danser le tango c’est se souvenir avec son corps.

Mon travail de mise en scène et de mise en relation du texte de JL Lagarce avec le Tango sera de créer un espace psychologique propice à la contemplation de la triste destinée qui a conduit nos personnages jusqu’au public du soir de la représentation. Un même temps partagé… plus vraiment de séparations entre l’espace scénique et celui du public.
Il faut que le public soit proche des acteurs et proche de leur drame, il faut qu’il puisse penser que d’habitude ça ne se passe pas comme cela et qu’il ne sache plus s’il assiste à un spectacle ou à une confession, celle d’une certaine classe de gens : les artistes … prêts à tout pour que toujours et encore le rideau se lève, ici et ailleurs. « Je vais voir ailleurs parce que j’y suis » pourraient-ils dire…

Et c’est bien là ce qui me touche le plus dans l’attitude des personnage de « Music-hall », c’est que même s’ils apparaissent parfois perdus et pathétiques ils gardent leur foi et l’amour du spectacle qui leur permettent de continuer à offrir soir après soir le meilleur d’eux mêmes et c’est dans cet engagement acharné qu’ils reconquiert leur dignité.
Les moments de Tango viendront illustrer cette dignité, car cette danse offre au corps maintien, allure, noblesse et arrogance, le Tango exprimant la noblesse de l’esprit humain qui apprend à supporter ses souffrances, tandis que la danse continue.

Pendant que les personnages de « Music- hall » se protègent derrière des pas de danse qui démontrent une maîtrise du corps parfaite, ils contemplent leur manque absolu de contrôle de leur destinée.

Nous commencerons avec deux chants de Bolero qui dans sa structure et ses thèmes est plus souple, plus léger et plus sentimental pour aller vers le Tango au fur et à mesure que le drame s’intensifie.

Enfin et pour terminer, ce travail de mise en scène est pour moi l’occasion d'aborder un thème d’actualité : la remise en question de l’exception culturelle française dans sa forme et dans son système de fonctionnement. On se pose tous les mêmes questions : que vont devenir « les petits » lieux et « les petites » compagnies déjà réduites à une existence de survie ? Jusqu’où l’artiste est-il prêt à aller pour poursuivre le spectacle ?
The Show must go on?

Sophie Gazel Paris
06 Avril 2008




La scénographie

Un espace qui raconte déjà l’histoire par son aspect misérable, usé par le temps, couleurs défraîchies et qui marque son identité grâce à quelques reliques de mauvais goût qui viennent rappeler qu’il s’agit d’un cabaret , quelques vieilles affiches qui apportent la preuve que par le passé une ou deux stars de province sont passées par là … sur les murs des photos de la clientèle pendant des anniversaires portant serpentins et petits chapeaux coniques en carton …Un comptoir de bar, quelques tables guéridons dans la continuité des gradins de la salle où viendra aussi s’installer le public.
Nous aurons le plaisir de retrouver l’espace du Théâtre de la Boutonnière intéressant par ses dimensions atypiques, car il contraint à renouveler les dispositifs scéniques en donnant constamment des défis d’ordre pratique qui permettent une adaptation entièrement dédiée au lieu de sa création : faire en sorte que l’on se dise que le lieu est fait pour cette pièce et vice et versa. Une utilisation de tous les espaces possibles : toilettes, coin bar et cuisine et les espaces extérieurs. Par ses dimensions le Théâtre de la Boutonnière offre une intimité avec le public qui peut avoir l’impression d’être accueilli au cœur même du dispositif scénique et de l’espace dramatique. Il est dans le lieu même où se déroule le drame et partage en quelque sorte l’espace scénique avec les personnages de «Musichall».


Les personnages et la distribution

L’auteur n’indique pas d’âge pour les personnages, ce qui laisse une grande liberté.
Ils auront autour de la quarantaine.


Il y a « La Fille » une femme qui a de l’allure et de la classe même si elle porte aussi la trace des années difficiles et les marques de la vie nocturne, les marques du voyage permanent, la souffrance des abandons subis, les humiliations… mais elle nourrit aussi cet amour inébranlable pour le spectacle et chaque soir elle ressuscite pour son public ( quand il y en a) et alors « elle oublie tout ça et elle commence vraiment », elle chante et danse la vie des hommes et raconte son histoire, leur histoire, leur vie jour après jour.
C’est une nature du sud, une femme bien latine par son aspect physique mais aussi par son caractère.
C’est une femme qui porte le tragique de son existence avec noblesse et arrogance et sa déchéance se cache derrière son humour caractérisé par la dérision, l’ironie et le sarcasme. C’est elle qui mène le jeu et qui mène le trio accompagnée de ses deux « boys » qui sont ses partenaires sur scène comme à la ville…
C’est elle le centre.
Elle est là depuis l’origine du trio, eux non et à la différence des deux boys on sent sur elle le poids des années.
Même si elle n’y croit plus vraiment, elle aime jouer à la grande séductrice avec ses boys et le public.
Elle est fatiguée mais tenace, et si parfois elle est désabusée cela n’enlève rien à sa sensibilité, une sensibilité profonde qui trouve ses racines dans l’expérience d’une vie qui n’a pas toujours été celle dont on rêve quand on est artiste.

Pour ce rôle j’ai souhaité travailler avec Laurence Guatarbes qui a le physique nécessaire pour le rôle : féminité, allure et maintien grâce à son expérience de la danse et une voix grâve et profonde qui offre en même temps une gamme très large pour les textures et les jeux possibles qui s’appuient sur le timbre. Enfin son sens de l’humour et son amour de la langue constitueront des atouts solides pour la construction de ce personnage.


Il y a « Le Premier Boy » qui joue de l’accordéon, qui chante et danse. On ne connaît rien de son passé ou de son histoire si ce n’est qu’il est le remplaçant d’un autre qui avait fui et abandonné le trio, selon les dires du premier boy il s’agirait de son mari. Il a de l’allure, physiquement il a tout du « latin lover », une « belle gueule », le teint mat, une voix qui a de la personnalité et lorsqu’il parle, un léger accent argentin.
C’est un joueur et un séducteur qui oscille entre des moments d’une grande sensibilité et profondeur et des moments de cabotinage et de jeux ringards. C’est un narcissique qui vise le centre et la lumière. Il est là pour lui seul, pour jouer, chanter et danser et non pour La Fille. Il a en commun avec elle d’être un mordu de la scène.

Pablo Contestabile est un acteur que je connais bien pour avoir travaillé avec lui dans plusieurs mises en scène dont
la dernière avec le texte d’Harold Pinter « Le Monte Plats ». C’est un acteur très souple et flexible devant toutes les attributions. Il sait chanter, danser, jouer plusieurs instruments de musique et possède un très bon sens du rythme et de l’espace. C’est un acteur qui a flirté très souvent au cours de ses expériences théâtrales avec l’humour et l’absurde et saura je pense, donner au personnage des couleurs subtiles, contrastées et nuancées selon les moments et assumer un sens du ridicule nécessaire pour la construction de son personnage. Il possède une grande mobilité et légèreté dans son jeu, ce qui permettra d’échapper aux stéréotypes et aux caractères figés. Enfin, son expérience du théâtre gestuel lui permettra j’en suis sûre de donner à son personnage une respiration très fluide et une vie intérieure qui ne trouve pas exclusivement ses élans dans le psychologique, mais dans l'organicité.


Il y a « Le Deuxième Boy » qui chante aussi un peu et tente d’apprendre à danser mais il n’a pas les talents du premier boy et affiche une personnalité beaucoup plus impressionnable. Il est sous le charme de « La Fille » à l’inverse du premier boy et il veut bien faire. Il est lui aussi une pièce rapportée, il remplace celui qui était l’amant selon ce qu’on veut bien nous dire. Il suit le mouvement, à la différence des deux autres il n’appartient pas du tout au monde du spectacle, il était là lors d’une des représentations et à la fin il a suivi le mouvement sans poser de questions, il n’a pas beaucoup de personnalité, c’est un gars simple, un peu paumé et assez naïf. Il a un physique plus lourd que le premier boy, un physique plus campagnard et on voit même qu’il a eu du mal à rentrer dans le costume qui appartenait à celui qu’il remplace et que, faute de moyen, il a dû endosser après quelques retouches de ci de là. Il a un air sympathique, un air champêtre, c’est un gars gentil. Il est là pour La Fille et pour échapper à son ancienne vie.

Yves Buchin avec qui j’ai travaillé aussi puisqu’il était « Ben » dans « Le Monte Plats » saura donner au personnage la sensibilité et la naïveté, couleurs avec lesquelles je souhaite travailler à la construction de son personnage. Sa générosité en tant que comédien et son sens de la justesse sauront donner au personnage son caractère complémentaire face aux deux autres beaucoup plus narcissiques et égocentriques. Sa nature enthousiaste et volontaire et sa propension à la complicité font de lui un partenaire idéal dans le travail et permettent la construction d’un personnage très humain et sensible.

Sophie Gazel Paris
06 Avril 2008



Le lieu de la création

C’est en 2005 que j’ai rencontré Habib Naghmouchin et le Théâtre de la Boutonnière qu’il dirige avec le groupe GCT qu’il a crée en 2004. Un homme et un espace.

Un homme, artiste metteur en scène avec qui j’ai partagé immédiatement certains principes essentiels dont le désir de proposer un théâtre simple, proche du public, un théâtre « artisan » qui se plaît à raconter la vie des hommes sans autre prétention que celle de faire passer une certaine vision du monde contemporain, l’art théâtral restant l’un des derniers endroits où l’on peut être interpellé et bousculé dans ses idées et ses représentations. Un théâtre qui s’appuie sur le métissage culturel pour rendre compte des mélanges de l’histoire des hommes qui porte en elle par son essence même une multitude de couleurs, de langues, de climats et d’espaces différents. Enfin un même désir de défendre le travail de troupe - avec toutes les difficultés que cela représente aujourd’hui, de prétendre encore à la création d’un groupe - qui permet un engagement dans la durée et donc, l’invention d’un langage, d’un ton, d’un univers artistique pour une interrogation permanente sur le jeu de l’acteur et la mise en scène.

Un espace, celui du Théâtre de la Boutonnière qui incite à se perdre pour le trouver et qui se fait désirer parce qu’il faut le chercher. Un lieu aux dimensions humaines qui offre un espace propice à l’intime. Un lieu qui redonne au public le goût de la cérémonie et de la convivialité. On y vient pour partager des moments de présences. Quand nous jouons à la Boutonnière j’ai la sensation d’inviter le public sur le lieu même de la fiction qu’il vient découvrir. Dans ce lieu, j’ai l’impression que ce que vient chercher le public c’est la réalité de la présence.


Le calendrier

Répétitions :
A Vanves puis à Paris au Théâtre de la Boutonnière
Du 01 décembre 2008 au 26 janvier 2009
38 services de 4heures.

Représentations sur Paris :
au Théâtre de la Boutonnière
25 Rue Popincourt 75011 Paris
Métros Voltaire, Bastille, St Ambroise
Du 27 janvier au 14 mars 2009 du mardi au samedi.