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 LE MONTE PLATS

LE MONTE PLATS
  Harold Pinter

 
Du 31 janvier au 23 février 2008
 les jeudis, vendredis et samedis à 21h
 

Au Théâtre de la Boutonnière 
 PARIS (75011)

Site : http://la.boutonniere.free.fr

L'oeuvre

Deux tueurs à gages attendent dans une pièce aux fenêtres condamnées, l’arrivée de leur prochaine victime. L’attente est longue et oppressante… Pour tuer le temps ils parlent sans réussir à communiquer. Dans cette attente inconfortable se dévoilent peu à peu leurs craintes , leurs  contradictions et une réalité à laquelle ils cherchent à échapper, quand soudain se produit l’inattendu : la descente d’un monte plats de restaurant avec à l’intérieur une commande.

Ce monte plats devient rapidement un troisième personnage, figure d’une autorité sans visage avec des exigences  sans fin et impossible à satisfaire, qui fait grandir l’angoisse, le doute et l’incertitude des protagonistes, jusqu’à ce que les circonstances deviennent insupportables.

Sous les aspects d’une écriture dîtes « Absurde » c’est bien de notre société dont il s’agit : On ne sait jamais qui se cache derrière les ordres et les décisions.

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 Avec : Yves Buchin (Ben) et Pablo Contestabile(Gus).
 Mise en scène : Sophie Gazel 
Création lumières : Cédric Mérillon 
Relations Publiques et Presse : Tamara Saphir


L'auteur : HAROLD PINTER


L'écriture de Harold Pinter est caractérisée par sa modernité ; dans un style simple, cet auteur de l'intime traite de sujets comme la peur de la mort, l’attente, l’amitié, le pouvoir, la misère humaine, etc… Souvent ses pièces ont comme toile de fond des problématiques sociales ou politiques d’actualité et c’est en partie pourquoi mon choix s’est porté sur cette pièce. De façon tout aussi subtile et renversante, Harold Pinter fait appel aux aspects profonds du théâtre pour explorer la part de mystère de la vie quotidienne.


Notes de mise en scène

A travers l’exercice de la mise en scène d’œuvres modernes et contemporaines, je cherche des écritures qui permettent d’aborder des problématiques sociales, politiques, économiques ou philosophiques.

Le Monte Plats offre une observation de la nature humaine grâce à un thème universel et sensible : la hiérarchie, ici immuable et qui donne raison immanquablement à celui qui dirige. Ce thème me permet de développer aux moyens de procédés de mise en scène choisis, une critique de l’engagement aveugle parce qu’imposé. Je souhaite que les dispositifs de la mise en scène soient mis au service d’une réflexion menée sur les rapports sociaux et la conscience humaine : la hiérarchie s’accommode très mal du doute et de la liberté critique.

Ce qui motive ici ma démarche de mise en scène c’est l’évitement des effets faciles au profit de la recherche d’un agencement sensible et intelligent de l’espace, des corps, des mots, de la lumière et la musique grâce au traitement des points suivants : 

-    Traitement particulier du climat qui règne entre les personnages  de façon à ce que l’ambiguité, le rythme du texte et ses silences, le réalisme et la métaphore se mêlent de façon à créer une atmosphère à la fois mystérieuse et déroutante qui invitent  le public à des interprétations multiples.

-    Traitement particulier du texte qui fasse ressortir le fait qu’il oscille entre l’irrationnel et la banalité du quotidien et que les acteurs puissent ainsi changer leur registre de jeu et passer avec aisance du drame à la comédie.

-    Accorder une place prédominante à l’affrontement qui se glisse subrepticement dans les mots.

-    Un travail de direction d’acteur qui mette en valeur la qualité d’une écriture qui nous invite à écouter ce qui n’est pas dit. Le jeu doit être invisible. J’entends par là un naturel qui semble couler de source, sans effort, mais qui est en réalité le fruit d’un long travail. Un jeu épuré, réduit à l’essentiel. Rien de superflu.

-    Un traitement de l’absurde orienté vers l’idée que la situation est concrète et crédible et qu’il faut qu’elle le reste. L’absurdité profonde n’en sortira que mieux si le monde habité par les personnages paraît cohérent, banal même et proche du nôtre.



Scénographie

Nous sommes dans un sous sol lugubre, sans confort, avec un minimum de mobilier semblant venir tout droit de chez Emmäus. Un décor en rien remarquable qui laisse de la place aux acteurs.

Ma démarche réside également dans un travail de recherche sur la mise en espace et sur le rapport scène/salle. L’espace du Théâtre de la Boutonnière est d’ailleurs en cela intéressant qu’il contraint à renouveler les dispositifs scéniques en donnant constamment des défis d’ordre pratique qui permettent une adaptation entièrement dédiée au lieu de sa création. Faire en sorte que l’on se dise que le lieu est fait pour cette pièce et vice et versa. Une utilisation de tous les espaces possibles : toilettes, cuisine et  les espaces extérieurs  pour la mise en place d’un dispositif d’éclairage qui symbolise la présence des autres, de ceux qui donnent les ordres et qu’on ne voit jamais.

Article paru dans la presse

C’est presque du théâtre en appartement. La petite scène du Théâtre de la Boutonnière nichée au premier étage en fond de cour d’une maison du onzième arrondissement met acteurs et spectateurs de plein pied et devient le cadre idéal de comédies intimistes. Comme l’étrange face à face de ce Monte- Plats du grand faiseur d’énigmes psychologiques à l’anglaise Harold Pinter. Ici deux tueurs à gages enfermés dans une pièce aveugle d’un lieu dont ils ignorent la géographie, attendent les directives qui leur désigneront leur prochaine victime. Il y a le nerveux autoritaire et son cadet, plus cool qui parfois pose des questions qui gênent. Le troisième homme prend la forme inattendue d’un monte-plats porteur de messages. C’est le royaume du non-sens et de l’incommunicabilité, une spécialité d’outre-Manche.

Deux excellents comédiens, un français Yves Buchin, un argentin, Pablo Contestabile se renvoient la balle dans ce jeu des hasards et de la mort sous la direction de Sophie Gazel. Ils font partie dune compagnie franco-argentine, « Le Théâtre Organic » qui se produit alternativement à Buenos Aires et à Paris, notamment au cours d’un Festival International des Traditions du Jeu de l’Acteur. Dans la promiscuité de La Boutonnière tout se passe comme dans notre salon, ou juste à côté. On respire avec les assassins en marche, on est un peu voyeurs et c’est tout le charme de ce polar qui s’achève en point d’interrogation, sans flic ni cadavre.
Théâtre par Caroline Alexander
Le dimanche 10 février 2008

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